Comprendre la réalité du paysage qui nous entoure, au-delà des constructions humaines.
On peut s’arrêter aussi déjà à leurs matériaux de construction : hormis le bois, une grande partie
vient du sous-sol, le parpaing et la tuile de la ballastière de sable et gravier, même chose pour le
béton. Bien sûr là, cela ne marche pas sans acier . Mais le minerai de fer vient aussi du sol, comme
le sable qui forme le verre, le bitume et le gravier dans le macadam.
Au delà du domaine de la construction et de la voirie, dans les jardins, parcs et champs, il y a d’abord la terre
qui porte les plantes. Cette terre, c’est du sable, de l’humus végétal et surtout, des milliards de bactéries et
autres micro-organismes. Le sous-sol commence lorsqu’on a enlevé la terre cultivable.
On peut tomber sur des roches, mais en plaine, plus souvent sur de l’argile, des pierres, des marnes et même du
sable durci, le grès. Mais à un moment, le mille feuille butte sur de la roche.
A propos de mille feuille, il évoque des feuilles qui se sont posées les unes sur les autres, comme des couches de
dépôt que le temps a laissé là. Les fleuves ont charrié les graviers et sables des montagnes, une plage d’un
antique océan a laissé une couche de coquillages en calcaire qui se sont compactés avec le sable. Cela forme une
roche calcaire, qui est dure mais qui ne correspond pas au fond rocheux que l’on cherche en creusant. Quand on
parle de creuser, on peut être à la recherche d’une source de chaleur, la géothermie. Tous les 100 m on gagne
quelques degrés, on comprend que les roches du fond doivent résister à cette chaleur. Elles doivent aussi
résister à la pression qui règne dans les profondeurs de la terre. D’ailleurs elles ne résistent pas tant que
cela, puisque dans les couches profondes de quelques dizaines de kilomètres, le manteau rocheux est beaucoup plus
souple qu’en surface. Il peut même se déplacer à l’horizontale, se rompre , être refoulé vers le noyau, en
glissant sous un morceau voisin. Tout cela fait un peu radeau qui flotte sur une mer d’au moins mille degrés de
température et de centaines de bar de pression. Cette fournaise ne refroidit pas jusqu’au centre de la terre, à
environ 6 300 km de nos pieds. Elle peut lâcher quelques bar de pression en faisant pousser une cheminée qui
traverse les couches du manteau rocheux, faisant monter de la roche fondue près de la surface, le magma. A la
surface, cette sortie progressive construit une nouvelle montagne, un volcan.
On a observé que ces cheminées sont souvent proches des limites des radeaux de manteau rocheux. Tout ce manège se
passe à une allure d’escargot, de l’ordre du centimètre par an. Lorsque un bord de radeau plonge sous son voisin
qui le chevauche - comme deux tranches de pain - le frottement entre les deux les empêche d’atteindre seulement
cette vitesse d’escargot. Fatalement, les fortes poussées qui s’exercent sur ces deux tranches vont finir par
vaincre leur blocage. La secousse nous fait retourner dans nos vitesses humaines : la terre tremble pour quelques
minutes.
Environ 100 000 tremblements de terre se produisent tous les ans sur le globe terrestre. Seuls 1 000
sont suffisamment puissants pour provoquer des dommages aux ouvrages humains.
Tous sont enregistrés sur des instruments répartis sur le globe. Ces sismomètres permettent d’abord de localiser le
point de départ d’un tremblement. Mais les secousses les plus importantes traversent la planète, elles sont
repérées aux antipodes. Certaines ondes de choc sont toutefois déviées comme par une optique. Ceci apporte des
renseignements sur le noyau de la planète.
La recherche sur les tremblement de terre a comme première intention de pouvoir les prévoir quant aux endroits où
ils sont les plus vraisemblables. En même temps elle nous aide à comprendre la composition de notre planète.
Dans un article à venir on se penchera sur l’histoire des continents et des fonds marins. Nous allons retrouver nos
radeaux que les géologues appellent des plaques.
qui a été créé le 2021-08-11